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> Intérêt de la préparation physique complémentaire à une discipline

Lorsque Boris Becker remporta l'Open d'Australie en 1996, onze ans après avoir gagné son premier tournoi du Grand Chelem à Wimbledon à l'âge de 17 ans, un journaliste lui demanda le score qu'il croyait pouvoir réaliser contre lui-même après toutes ces années, sa réponse fut catégorique : "je gagnerais facilement 6-2/6-1". Quel facteur lui permettait une évaluation aussi flagrante d'une discipline en aussi peu de temps ? sans conteste : la préparation physique.

L'importance de cet aspect de l'entraînement en tennis fut démontré par Ivan Lendl chez les hommes et Martina Navratilova chez les femmes durant les années 80. Jim Courier avoua être devenu numéro un mondial essentiellement par son travail physique. 

L'exemple du tennis se retrouve dans pratiquement toutes les disciplines sportives depuis une quinzaine d'années. Citons, entre autres, l'exemple du football italien des années 90 ou, plus près de nous, le jeune champion d'Europe de tennis de table, Timo Boll, qui avoue avoir préparé l'événement en passant 50% de son temps d'entraînement à la préparation physique. 

Historique : 

Pendant 60 ans, en athlétisme, l'amélioration des techniques a permis une évolution naturelle des records. A la fin des années 50, il est apparu que la réalisation des techniques à l'infini ne suffisait plus à progresser. Les athlètes qui se contentaient de répéter et de corriger leurs gestes seuls arrivaient à une espèce de "barrière de la performance". Pour progresser, il était nécessaire d'intégrer une nouvelle notion : la SURCHARGE. 

Des systèmes d'entraînement furent élaborés et perfectionnés de plus en plus. Dans les courses, l'INTERVAL-TRAINING permit de dépasser les vitesses de compétition à l'entraînement et de développer les mécanismes d'adaptation à l'effort. Dans les lancers, les sauts et le sprint, le POWER-TRAINING augmente la puissance de l'athlète en l'amenant à dépasser sa force et sa vitesse maximales par des techniques d'entraînement adaptées. 

Plus tard, toutes les disciplines sportives se sont inspirées de ces mêmes systèmes d'entraînement pour permettre à leurs sportifs de courir plus vite et plus longtemps sur le terrain, sauter plus haut, être plus puissants dans les contacts ou dans les frappes etc. 

Il ressort donc qu'il faut rechercher les fondements et le top-niveau de la préparation physique dans le sport qui est au faîte de la recherche dans ce domaine : l'ATHLETISME 

But de la préparation physique : 

La préparation physique doit poursuivre trois buts en parallèle, en privilégiant alternativement chacun d'eux suivant l'état du sportif. Ce dosage subtil définit la qualité de l'entraînement. Ces 3 buts sont : PREVENIR – AMELIORER – RECUPERER. 

La recherche de la performance se construit comme une pyramide. 

Plus elle est haute, plus la performance est élevée. La solidité de l'édifice repose sur des blocs dont l'importance relative doit être bien dosée. La qualité de réalisation des exercices de préparation physique repose sur une bonne éducation physique et athlétique. La répartition de ces exercices de qualité (quantité de qualité) permet l'élévation de la performance. Elle nécessite une condition physique suffisante (qualités aérobies) et la réalisation d'activités de compensation pour contrecarrer les effets déséquilibrants de certains gestes techniques comme par exemple l'épaule du joueur de tennis ou les pubalgies du footballeur. 

Intérêt de la préparation physique : 

La préparation physique ne concerne pas que l'athlète de haut niveau à la recherche de la plus haute performance comme nous venons de le voir dans le chapitre précédent. A tous les niveaux, le sportif soucieux de durer et de pratiquer sa discipline avec le plus de plaisir doit s'astreindre à un minimum de préparation. Pour le sportif occasionnel (1x/semaine), un échauffement approprié de 10 minutes et quelques étirements permettent à ses muscles et articulations de mieux profiter de ces 2h d'activités physiques et surtout, d'atténuer les inévitables courbatures du lendemain. Pour le pratiquant amateur (3x/semaine), l'échauffement reste important à chaque entraînement. De plus, des séances de préparation physique plus spécifiques sont introduites en période de préparation générale avant la saison et sont maintenues sous forme de rappels tout au long de la saison au cours des entraînements techniques. Pour le professionnel ( de 10x/semaine), la préparation physique doit être individualisée. Des tests pratiqués régulièrement permettent d'évaluer l'état du sportif. Leur objectif est de permettre une bonne adéquation au programme physique proposé. Au niveau de la prévention, tout déséquilibre ou anomalie décelée doit faire l'objet d'un programme individuel visant à réduire les risques de blessure. Par exemple : renforcement des ischio-jambiers pour un déséquilibre agonistes-antagonistes de la cuisse chez le footballeur. 

L'amélioration des performances devient primordiale dans la gestion de l'état physique d'un sportif ou d'une équipe. 

L'alternance Entraînements/Récupération doit être bien dosée tout au long de la saison. En conclusion, chez le sportif professionnel, la préparation physique individualisée peut présenter plusieurs formes :
1)      des séances complètes, surtout en début de saison
2)      des exercices intermédiaires au cours des séances techniques
3)      des séances personnalisées lors des échauffements, des retours au calme ou lors des soins avant ou après l'entraînement.  

Place de la préparation physique dans la formation sportive 

A quel âge peut-on introduire des exercices de préparation physique dans l'entraînement sportif ? Chez l'enfant sportif, l'éducation physique classique est la meilleure préparation physique. Une diversification des activités sportives est le meilleur moyen de lui donner un répertoire moteur de base le plus large possible. Les jeux sont les meilleurs exercices qui peuvent lui être proposés. Les drills sont à proscrire absolument car ils enferment trop précocement l'enfant dans des schémas moteurs définis. Chez l'adolescent sportif, les jeux sont toujours importants mais on peut introduire les premières notions techniques de préparation physique. L'éducation athlétique est le meilleur moyen d'introduire ces principes : des jeux et parcours de courses, sauts et lancers bien conçus permettent d'aborder les techniques athlétiques. Les premières notions de placement du bassin et d'étirements sont généralement apprises. Chez l'adulte, on peut introduire les notions de surcharge, compensation et récupération décrites dans le chapitre précédent. 

Conclusion : L'intérêt de la préparation physique dans tous les sports n'est plus à démontrer. Plus aucun sportif professionnel n'y échappe. Le caractère hyper sollicitant des exercices proposés nécessite une bonne maîtrise technique de la part du sportif. La programmation de ce type d'entraînement doit être confiée à des spécialistes de la préparation athlétique. Cependant, ne donnons pas à la préparation physique les vertus qu'elle n'a pas. Elle ne remplacera jamais la maîtrise gestuelle et technique de la discipline elle-même. Celle-ci reste, fort heureusement, le fondement indispensable de la performance de haut niveau.  

Guy NAMUROIS

Préparateur physique

Article de l'AISF Infos -décembre 2004

 

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